Le partenariat au cœur de l’insertion
15 décembre 2025 — Emploi et insertion
Le 10 décembre, à Gruchet-le-Valasse, la 3ᵉ édition du Salon des solidarités a mis en lumière une nouvelle façon d’accompagner les demandeurs d’emplois, menée en partenariat par le Département et France Travail.
C’est l’effervescence dans la grande halle de l’abbaye du Valasse. En ce mercredi de fin d’automne, plusieurs centaines de professionnels de l’action sociale se retrouvent pour le Salon des solidarités, organisé par le Département de la Seine-Maritime autour du thème du partenariat et de la proximité. De stand en stand, les participants s’informent, échangent et confrontent leurs pratiques. Parmi les nombreux ateliers proposés, celui consacré à l’accompagnement global des demandeurs d’emploi attire particulièrement l’attention.
L’accompagnement global, c’est quoi ?
« L’accompagnement global s’adresse aux demandeurs d’emploi confrontés à des difficultés de budget, de logement, de mobilité ou encore de santé, explique Nadège François, adjointe au responsable accompagnement social et insertion de l’UTAS Entre-Seine-et-Mer. Ces freins peuvent rendre la recherche d’un emploi bien plus difficile. »
Pour répondre à ces situations souvent complexes, le Département et France Travail ont choisi de faire évoluer l’accompagnement global en unissant leurs forces. Depuis le printemps 2024, chaque personne orientée vers ce parcours bénéficie d’un binôme dédié : un travailleur social départemental pour les difficultés du quotidien et un conseiller emploi France Travail pour le volet professionnel. Au total, 24 binômes sont aujourd’hui déployés dans le département.
Un binôme en action
Cloé Veyrier et Jean Mauler, présents au Salon pour animer des simulations d’entretiens destinées aux professionnels, forment l’un de ces binômes sur le territoire de Fécamp. Leur portefeuille compte une cinquantaine de demandeurs d’emplois, bénéficiaires ou non du RSA. « Les gens savent qu’ils ont deux interlocuteurs identifiés. Ils ont nos numéros directs, c’est plus simple pour eux », explique Jean Mauler.
Lors d’un premier rendez-vous à trois, organisé dans l’agence France Travail, le binôme s’assure que le bénéficiaire est volontaire pour suivre ce parcours. « Si les freins sociaux sont trop lourds, on la réoriente vers une assistante sociale de secteur. S’il n’y en a pas du tout, l’accompagnement classique suffit », précise Cloé Veyrier.
Les entretiens individuels alternent ensuite selon les besoins. Le travailleur social intervient sur le logement, le budget ou la santé ; le conseiller emploi sur les candidatures, les formations ou la préparation d’entretien. Une journée par semaine, Cloé Veyrier est présente dans l’agence France Travail. « Cela facilite les échanges et permet d’être plus réactifs. Travailler à deux améliore vraiment le suivi. On se complète et les personnes accompagnées le ressentent », ajoute-t-elle.
Des débuts prometteurs
Sur le terrain, les premiers résultats se font déjà sentir. « Nous accompagnons des personnes qui n’ont pas des parcours simples, mais nous constatons environ 40 % de sorties positives, qu’il s’agisse d’un retour à l’emploi durable, d’une formation qualifiante ou d’un projet de création d’activité. C’est vraiment très encourageant », observe Bertrand Aubruchet, directeur de l’agence France Travail de Lillebonne.
